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Royaume des Papillons · Chapitre I

Aurelia

La première transformation
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À Vaalbará, les papillons ne naquirent pas pour être légers. Ils naquirent pour prouver que même ce qui paraît fragile peut traverser l'obscurité et en ressortir transformé en quelque chose de lumineux.

Avant Aurelia, le Royaume des Papillons n'était qu'une promesse suspendue dans l'air. Il y avait des fleurs, il y avait du vent, il y avait de la lumière, mais rien n'osait encore changer de forme. Tout demeurait tel qu'il était né.

Jusqu'à ce qu'une petite créature, enveloppée de soie et de silence, commençât à sentir que le monde qu'elle connaissait devenait trop étroit pour elle.

Au début, elle eut peur. Peur de rompre son refuge. Peur de cesser d'être ce qu'elle avait toujours été. Peur de s'ouvrir et de découvrir qu'à l'intérieur il n'y avait pas d'ailes, mais du vide.

Le Royaume tout entier l'observait. Les fleurs retinrent leur parfum. Le vent adoucit son passage. Le soleil baissa un peu la voix pour ne pas l'effrayer.

Et alors, la chrysalide s'ouvrit. Il n'en sortit pas une créature parfaite. Il en sortit une créature tremblante. Ses ailes étaient petites, dorées, encore humides de naissance. Elle ne savait pas voler. Elle ne savait pas se tenir. Elle ne savait pas si ce changement était une bénédiction ou une perte.

Mais le soleil la toucha. Et à ce contact, ses ailes se remplirent d'éclats. Le petit papillon respira, déploya sa forme nouvelle et comprit que se transformer ne signifie pas trahir ce que l'on a été. Cela signifie permettre à ce qui a toujours été à l'intérieur de trouver enfin un corps où vivre.

Quand il prit son envol, le Royaume des Papillons naquit avec lui. Chaque battement de ses ailes annonça une vérité nouvelle à Vaalbará : changer n'était pas se briser. Changer, c'était répondre à un appel intérieur qui attendait depuis longtemps d'être entendu.

De ce premier vol naquit Aurelia. Un bijou créé pour celles qui traversent une transformation. Pour celles qui ont laissé derrière elles une version d'elles-mêmes avec amour, avec peur ou avec des larmes. Pour celles qui tremblent encore en déployant leurs ailes, mais sentent qu'elles ne peuvent plus se faire petites.

On dit que celle qui porte Aurelia se souvient que toutes les périodes d'obscurité ne sont pas des fins. Certaines sont des chrysalides. Et quand vient le moment de sortir, même le tremblement peut faire partie du vol.

Aurelia
Le bijou de ce chapitre
Aurelia
Pour celles qui traversent une transformation.
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