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Royaume des Fleurs · Chapitre I

Azahara

La fleur qui se choisit à nouveau
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À Vaalbará, certaines fleurs ne naissent pas avec le printemps. Certaines naissent après l'hiver. D'autres, après une perte. Et les plus rares de toutes éclosent lorsqu'un cœur, croyant ne plus pouvoir s'ouvrir, trouve la force suffisante pour se choisir une fois de plus.

Azahara fut l'une d'elles.

On raconte que, au Royaume des Fleurs, il existait un jardin caché qui n'apparaissait pas à n'importe qui. Il ne suffisait pas de connaître le chemin, ni de suivre le parfum des orangers, ni d'attendre que la lune éclairât ses sentiers blancs. Ce jardin ne se montrait qu'à ceux qui arrivaient l'âme lasse d'avoir trop aimé, trop attendu ou trop tu.

Au centre du jardin poussait une fleur close. Elle n'était pas grande. Elle n'était pas voyante. Ses pétales restaient repliés sur eux-mêmes, comme s'ils protégeaient une lumière qui n'osait plus sortir. Les autres fleurs s'épanouissaient autour d'elle avec aisance, bercées par le vent, caressées par le soleil, visitées par des papillons dorés. Mais pas Azahara. Azahara restait close.

Longtemps elle crut que s'ouvrir était dangereux. Que se montrer au monde, c'était lui livrer quelque chose qu'il pouvait briser. Que la délicatesse, si elle s'exposait trop, finissait toujours blessée.

Jusqu'à ce qu'une femme arrivât au jardin. Elle marchait lentement, avec ce genre de silence que n'ont que ceux qui ont appris à ne pas raconter tout ce qu'ils portent en eux. Elle s'assit auprès de la fleur close et posa ses doigts sur la terre.

Elle ne demanda pas un miracle. Elle ne demanda pas d'oublier. Elle murmura seulement : « Je veux redevenir mienne. »

Alors Azahara trembla. Car ces mots n'étaient pas un désir ordinaire. C'était une promesse. Une de ces petites promesses qui ne cherchent pas à impressionner le monde, mais changent entièrement le destin de qui ose les prononcer.

La fleur comprit qu'elle n'avait pas à s'ouvrir pour être admirée. Elle devait s'ouvrir pour sentir à nouveau le soleil. Peu à peu, elle déploya ses pétales blancs. En son centre brûlait une lumière dorée, douce et ferme, comme si elle avait gardé une petite aube pour l'instant précis où quelqu'un aurait besoin de se rappeler qu'il pouvait encore fleurir.

La femme sourit. Et ce sourire suffit.

De l'union entre cette promesse, la fleur ouverte et la première lumière qui toucha ses pétales naquit Azahara. Un bijou créé pour celles qui se choisissent à nouveau. Pour celles qui ont traversé des saisons froides et conservent malgré tout une racine vivante sous la peau. Pour celles qui comprennent que la délicatesse n'est pas faiblesse, et qu'une fleur peut sembler petite même après avoir survécu à tous les hivers.

On dit que celle qui porte Azahara se souvient que renaître ne se fait pas toujours avec force. Parfois renaître, c'est ouvrir un seul pétale. Et laisser entrer la lumière.

Azahara
Le bijou de ce chapitre
Azahara
Pour celles qui se choisissent à nouveau.
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